Les autres animaux de la maison

Les autres animaux de la maison
Lorsqu’un animal meurt, le chagrin ne concerne pas uniquement les humains de la famille.
Lorsqu’un chien, un chat ou un autre compagnon vivait avec d’autres animaux, sa disparition peut également modifier profondément leur quotidien. Le compagnon qui reste peut perdre un repère, une habitude, un partenaire de jeu ou simplement une présence avec laquelle il partageait son environnement depuis longtemps.
Il est parfois difficile de savoir ce que les autres animaux comprennent réellement de la mort. Certains semblent chercher leur compagnon, d’autres deviennent plus calmes, tandis que certains ne montrent presque aucun changement.
Chaque animal réagit à sa manière.
Il est donc important de surveiller les changements de comportement sans chercher à imposer une interprétation humaine à ce qu’il ressent.
Les animaux remarquent l’absence
Un animal qui partageait son quotidien avec un autre peut remarquer très rapidement que quelque chose a changé.
Il connaissait les habitudes de son compagnon :
- ses déplacements dans la maison ;
- ses heures de repas ;
- ses périodes de repos ;
- ses jeux ;
- ses bruits ;
- ses odeurs ;
- ses interactions avec les humains.
Lorsque cette présence disparaît soudainement, l’environnement devient différent.
Le chien qui avait l'habitude de dormir près d'un autre chien peut continuer à aller chercher son compagnon.
Le chat qui partageait son espace avec un autre chat peut retourner régulièrement dans les endroits où celui-ci avait l'habitude de se trouver.
Certains animaux semblent attendre le retour de leur compagnon.
Les réactions peuvent être très différentes
Il n'existe pas une réaction unique après la disparition d'un compagnon.
Un animal peut :
- chercher l'autre dans la maison ;
- attendre près d'une porte ;
- renifler certains endroits ;
- devenir plus calme ;
- dormir davantage ;
- rechercher davantage la présence de son propriétaire ;
- manger moins ;
- vocaliser davantage ;
- devenir plus agité ;
- modifier ses habitudes ;
- ou ne présenter pratiquement aucun changement visible.
Certaines réactions peuvent apparaître immédiatement.
D'autres peuvent survenir après plusieurs jours.
Il est également possible qu'un animal semble parfaitement normal.
Cela ne signifie pas nécessairement qu'il n'a rien remarqué.
Peut-on parler de deuil chez les animaux ?
Le terme « deuil » est souvent utilisé pour décrire les changements observés après la disparition d'un compagnon.
Il faut toutefois rester prudent lorsqu'on cherche à comparer directement les émotions animales avec celles des humains.
Nous ne pouvons pas savoir exactement ce qu'un chien ou un chat comprend de la mort.
En revanche, nous savons qu'un changement ou une disparition dans son environnement peut entraîner des modifications de comportement.
L'animal peut être perturbé par l'absence de son compagnon, par le changement des routines et également par les émotions des humains qui l'entourent.
L'odeur joue un rôle important
Les animaux vivent dans un environnement riche en odeurs.
Un compagnon qui partageait leur maison avait une odeur familière présente sur les couchages, les jouets, les lieux de passage ou certains objets.
Après sa disparition, cette odeur peut progressivement disparaître.
Il est donc possible qu'un animal renifle longuement les endroits où son compagnon avait l'habitude de dormir.
Ce comportement peut surprendre les propriétaires.
Il peut simplement correspondre à la recherche d'informations dans un environnement qui a changé.
Pourquoi certains animaux cherchent-ils leur compagnon ?
Lorsqu'un animal continue à chercher son compagnon, il peut être difficile de savoir exactement ce qu'il comprend.
Il peut avoir l'habitude de le voir à certaines heures ou dans certains endroits.
Son absence rompt soudainement cette routine.
Le chien peut aller vérifier une pièce.
Le chat peut regarder derrière une porte.
Un animal peut attendre près de l'endroit où son compagnon avait l'habitude de manger.
Ces comportements peuvent diminuer progressivement lorsque l'environnement et les habitudes se stabilisent.
Certains animaux deviennent plus proches de leur propriétaire
Après la disparition d'un compagnon, certains animaux recherchent davantage la présence humaine.
Ils peuvent :
- suivre leur propriétaire dans la maison ;
- demander davantage de caresses ;
- dormir plus près de lui ;
- attendre davantage son retour ;
- vocaliser lorsqu'ils sont seuls ;
- rechercher davantage d'interactions.
Ce changement peut être temporaire.
L'animal peut simplement rechercher davantage de sécurité et de stabilité alors que son environnement vient de changer.
D'autres animaux deviennent plus indépendants
La réaction inverse est également possible.
Un animal peut devenir plus solitaire ou passer davantage de temps dans son coin.
Il peut sembler moins intéressé par les jeux ou les interactions.
Cela peut être déstabilisant pour la famille, surtout lorsque l'animal était habituellement très sociable.
Il est important de lui laisser des moments de tranquillité tout en continuant à lui proposer une présence et des interactions normales.
L'appétit peut changer
Une modification temporaire de l'appétit peut apparaître après un changement important dans l'environnement.
Cependant, une diminution importante ou prolongée de l'alimentation doit être prise au sérieux.
Un chien ou un chat qui mange très peu, refuse complètement de s'alimenter, boit anormalement ou présente d'autres symptômes peut avoir un problème médical qui n'est pas nécessairement lié à la disparition de son compagnon.
Il ne faut donc pas tout attribuer au « deuil ».
Lorsque le changement est important ou persistant, un avis vétérinaire est préférable.
Les habitudes quotidiennes sont importantes
Après la disparition d'un animal, maintenir autant que possible les habitudes des autres animaux peut les aider à conserver leurs repères.
Essayez de garder des horaires réguliers pour :
- les repas ;
- les promenades ;
- les jeux ;
- les moments de repos ;
- les soins ;
- les sorties ;
- les interactions avec la famille.
Même si votre propre quotidien est bouleversé par le chagrin, ces repères peuvent être rassurants pour les animaux qui restent.
Ne changez pas tout en même temps
La disparition d'un compagnon constitue déjà un changement important.
Il est donc préférable, lorsque cela est possible, d'éviter d'apporter simultanément de nombreuses modifications à l'environnement.
Par exemple, il n'est pas forcément nécessaire de déplacer immédiatement tous les meubles, de supprimer tous les couchages ou de modifier complètement les horaires.
L'animal restant doit pouvoir retrouver progressivement une nouvelle routine.
Faut-il conserver les affaires de l'animal disparu ?
Il n'existe pas de règle unique.
Certains propriétaires retirent immédiatement les affaires parce que les voir est trop douloureux.
D'autres les laissent en place pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines.
Pour les autres animaux de la maison, il peut parfois être préférable d'éviter de bouleverser tout leur environnement brutalement.
Un couchage, un tapis ou un endroit familier peut continuer à faire partie de leur environnement pendant quelque temps.
Vous pouvez ensuite modifier progressivement ce qui doit l'être.
Faut-il laisser les autres animaux voir le corps ?
Cette question revient souvent après une mort naturelle ou une euthanasie.
Il n'existe pas une obligation de présenter le corps aux autres animaux.
Certaines familles choisissent de permettre à leur compagnon de s'approcher du corps et de le renifler lorsque les conditions le permettent.
D'autres préfèrent ne pas le faire.
La réaction de l'animal peut être très différente selon son caractère et sa relation avec le compagnon disparu.
S'il est présent, il est préférable de le laisser approcher à son rythme, sans le forcer.
Et si l'animal ne réagit pas au corps ?
Il peut arriver qu'un animal renifle brièvement son compagnon puis s'éloigne.
Il peut également sembler totalement indifférent.
Cela ne permet pas de conclure qu'il n'avait aucun attachement.
Les animaux ne manifestent pas tous leurs réactions de la même manière.
Certains semblent chercher leur compagnon pendant plusieurs jours alors qu'ils n'ont pas réagi particulièrement au moment du décès.
Faut-il adopter rapidement un nouvel animal ?
La disparition d'un compagnon peut donner envie d'accueillir immédiatement un nouvel animal pour que celui qui reste ne soit pas seul.
Mais il n'existe pas de règle selon laquelle un animal doit obligatoirement avoir un nouveau compagnon.
Un nouvel animal représente également un changement important.
Il faut donc tenir compte du caractère de l'animal restant, de son âge, de ses habitudes et de la capacité de la famille à accueillir un nouveau compagnon.
Il n'est pas nécessaire de prendre cette décision immédiatement.
Un nouvel animal ne remplace pas celui qui est parti
Lorsqu'une famille accueille plus tard un nouvel animal, celui-ci ne doit pas être considéré comme un remplacement.
Chaque animal possède son propre caractère, ses propres habitudes et sa propre relation avec les humains.
Comparer constamment le nouvel arrivant à l'animal disparu peut être difficile pour tout le monde.
Le nouvel animal doit pouvoir trouver sa propre place.
Les relations peuvent changer
La disparition d'un animal peut également modifier les relations entre ceux qui restent.
Deux animaux qui vivaient ensemble peuvent devenir plus proches.
Un animal auparavant très discret peut commencer à rechercher davantage son propriétaire.
Un autre peut prendre davantage de place dans les interactions familiales.
Il est donc possible que l'équilibre du foyer évolue.
Ces changements ne sont pas nécessairement problématiques.
Ils correspondent parfois simplement à une nouvelle organisation.
Les animaux peuvent également ressentir les changements chez leurs humains
Les animaux sont très sensibles aux habitudes de leur environnement.
Après un décès, les humains peuvent pleurer davantage, rester silencieux, modifier leurs horaires ou passer plus de temps à la maison.
Ces changements peuvent eux aussi influencer les animaux.
Un chien ou un chat peut devenir plus attentif à son propriétaire ou rechercher davantage sa proximité.
Il peut également être perturbé par une atmosphère inhabituelle.
Maintenir autant que possible une routine stable peut donc être bénéfique pour toute la maison.
Il faut continuer à leur donner de l'attention
Lorsque toute la famille est absorbée par son propre chagrin, l'animal restant peut recevoir moins d'attention qu'avant.
Il ne faut pas culpabiliser si cela arrive.
Le deuil demande beaucoup d'énergie.
Mais lorsque vous le pouvez, continuez à lui proposer :
- des caresses ;
- des promenades ;
- des jeux adaptés ;
- des moments calmes ;
- des interactions ;
- ses habitudes habituelles.
Cela permet de maintenir une relation stable alors que le foyer traverse une période difficile.
Il ne faut pas forcer un animal à jouer
Même si vous souhaitez lui changer les idées, tous les animaux n'ont pas envie de jouer immédiatement.
Un chien peut avoir besoin de davantage de promenades tranquilles.
Un chat peut préférer rester seul.
Il est préférable de respecter son rythme.
Vous pouvez proposer une activité ou une interaction, puis le laisser décider s'il souhaite participer.
Quand faut-il consulter un vétérinaire ?
Un changement de comportement après la disparition d'un compagnon peut être temporaire.
Cependant, certains signes nécessitent une attention particulière.
Consultez un vétérinaire si l'animal :
- refuse durablement de manger ;
- boit beaucoup moins ou beaucoup plus ;
- présente des vomissements ou des diarrhées ;
- semble souffrir ;
- est extrêmement abattu ;
- présente des difficultés respiratoires ;
- devient soudainement agressif ;
- reste constamment caché ;
- présente une modification importante et persistante de son comportement ;
- ou si son état général vous inquiète.
Il est important de ne pas attribuer automatiquement tous les symptômes au deuil.
Une maladie peut apparaître au même moment et nécessiter un traitement.
Et si l'animal était très dépendant de son compagnon ?
Certains animaux vivent une relation particulièrement étroite avec un autre.
Ils peuvent dormir ensemble, manger ensemble, jouer ensemble et se déplacer constamment l'un avec l'autre.
La disparition de ce compagnon peut entraîner un changement particulièrement important dans leur quotidien.
Dans ce cas, la stabilité peut être encore plus importante.
Conservez autant que possible les horaires habituels et accordez davantage de temps à l'animal restant si celui-ci recherche votre présence.
Et si plusieurs animaux vivent encore ensemble ?
Lorsqu'un animal disparaît d'un foyer composé de plusieurs compagnons, chacun peut réagir différemment.
Il n'est pas nécessaire de traiter tous les animaux de la même manière.
L'un peut avoir besoin de davantage de présence.
Un autre peut préférer rester tranquille.
Un troisième peut continuer sa vie sans changement apparent.
Observez chaque animal individuellement.
La patience est importante
Les changements de comportement peuvent disparaître progressivement.
Un animal peut avoir besoin de temps pour retrouver ses habitudes.
Il peut également y avoir des journées où il semble aller mieux, puis d'autres où certains comportements réapparaissent.
La nouvelle organisation du foyer doit progressivement devenir normale.
Il n'est pas nécessaire de chercher à accélérer ce processus.
Le foyer doit retrouver un nouvel équilibre
Après la disparition d'un animal, la maison ne redevient pas exactement comme avant.
Il manque une présence.
Les interactions entre les membres de la famille peuvent changer.
Les autres animaux doivent eux aussi s'adapter à cette nouvelle réalité.
Avec le temps, une nouvelle routine peut cependant s'installer.
Les repas continuent.
Les promenades reprennent.
Les jeux reviennent.
Les moments de repos se réorganisent.
Une nouvelle normalité apparaît progressivement.
Prendre soin des autres animaux tout en faisant son propre deuil
Il peut être particulièrement difficile de s'occuper des animaux qui restent alors que l'on souffre soi-même de la disparition d'un compagnon.
Il n'est pas nécessaire d'être parfaitement disponible émotionnellement.
Les petites choses comptent déjà beaucoup.
Une promenade.
Une caresse.
Un repas donné à l'heure habituelle.
Quelques minutes de jeu.
Une présence silencieuse.
Ces gestes simples permettent de maintenir le lien.
Et parfois, la présence de l'animal qui reste peut également apporter un peu de réconfort à la famille.
Ne pas interpréter chaque comportement comme un signe de souffrance
Il peut être tentant de surveiller constamment l'animal restant et d'interpréter chaque changement.
Il dort plus : est-il triste ?
Il joue moins : souffre-t-il ?
Il mange normalement : cela signifie-t-il qu'il n'aimait pas son compagnon ?
Il se rapproche de moi : est-il malheureux ?
Il n'existe pas de réponse simple à ces questions.
Un comportement isolé ne permet généralement pas de comprendre ce que vit réellement l'animal.
C'est l'évolution générale et l'état de santé qui doivent être observés.
La relation avec le compagnon disparu reste importante
Les animaux qui restent ne « remplacent » pas celui qui est parti.
Ils continuent leur propre vie avec leur personnalité et leurs habitudes.
Pour la famille également, il est possible d'aimer profondément l'animal disparu tout en continuant à prendre plaisir à vivre avec ceux qui restent.
La disparition d'un compagnon ne diminue pas la valeur des relations qui continuent.
Avec le temps, les habitudes changent
Au début, l'animal restant peut chercher son compagnon.
Puis les recherches deviennent moins fréquentes.
Les anciennes habitudes peuvent disparaître.
De nouvelles habitudes peuvent apparaître.
Un chien peut commencer à dormir dans un autre endroit.
Un chat peut devenir plus proche d'une personne de la famille.
Deux animaux peuvent passer davantage de temps ensemble.
Ces changements font partie de l'adaptation à une nouvelle organisation.
Ce qu'il faut retenir
Lorsqu'un animal meurt, les autres animaux de la maison peuvent eux aussi être affectés par le changement, même si leur réaction est très différente de celle des humains.
Certains cherchent leur compagnon, deviennent plus proches de leur famille ou modifient leurs habitudes. D'autres semblent ne présenter aucune réaction visible.
Il est important de respecter leur rythme, de conserver autant que possible leurs habitudes et de leur offrir une présence régulière.
Il faut également rester attentif à leur état de santé et ne pas attribuer automatiquement tout changement au deuil.
Si un animal ne mange plus, semble souffrir, présente des symptômes physiques ou connaît une modification importante et persistante de son comportement, un vétérinaire doit être consulté.
Après la disparition d'un compagnon, les animaux qui restent doivent eux aussi trouver leur nouvel équilibre.
Avec de la stabilité, de la patience et de l'attention, ils peuvent progressivement s'adapter à cette nouvelle vie.
Et pendant cette période difficile, leur présence peut également devenir une source précieuse de réconfort pour les humains qui traversent leur propre deuil.